Avec Emilie, je suis allée voir Mme T. responsable de I'YMCA, Unité de Soutien et d'Accompagnement aux Personnes Cérébrolésées. Une chose dont je me souviens, s'il y a quelques événements qui ne me plaisent pas, je dois en parler à Mme T.
Dans les jours qui ont suivi, M. l'ergothérapeute vient sonner à ma porte. On a beaucoup de projets ensemble. Tous les mois à Toulouse nous irons voir les meilleures expositions.
On a vu les peintures, les reliefs et les dessins de Dada et Réquichot. La mort prématurée de ce dernier mettra fin à l'amitié sans faille des 2 artistes. Il est mort à 32 ans. Bernard Réquichot s'est jeté par la fenêtre de son atelier de Paris. L'exposition des Abattoirs de Toulouse présente 130 œuvres de Dada et Réquichot.
On a vu également d'autres expositions dont celle du peintre Michaux Norma. Avec Emilie, Laurent et des amis nous avons vu l'exposition de Picasso. Nous nous sommes vraiment régalés.
Avec M., nous sommes allés voir des expositions de photos. Celle de Ara Giela au château d'eau. Il est né en 1928 à Istanbul. Il a rencontré Henri Cartier Bresson en 1990. Il a édité un ouvrage sur ses 25 ans de photographies.
M. vient chez moi tous les 15 jours. On exerce la mémoire à travers le jeu, sur ordinateur.
Ce qui me plaisait c'était un jeu où sur l'écran on voyait un puzzle d'une peinture à reconstituer, et un autre exercice où il fallait retrouver 5 personnages parmi une multitude de gens.
Ensuite, M. n'est plus venue, c'est moi qui suis allée à I'YMCA. Je me rends à la station d'autobus. Arrivée à la Clinique, je descends et j'attends M. qui m'accompagne à I'YMCA pour élaborer des dessins à partir de natures mortes
L'ergothérapeute a accouché d'un petit garçon. J'anime l'atelier de dessin mais excepté 4 personnes que je vois fréquemment, cela change souvent (quand je fréquentais l'école des
Beaux -Arts, après 3 semaines d'absence, on n'avait plus le droit de revenir).
Sur des ronds en bois, grands couvercles de fromage, à l'acrylique blanche où se mêlent le marron, le rouge, le bleu, mes élèves doivent peindre un visage abstrait à partir du portrait de Renik, peintre Toulousain que je leur ai amené. On emploie des fusains ou des crayons graphiques pour faire un carnet de croquis. Je n'aime pas être leur professeur, ce n'est pas ma place. Et puis quand je dois faire un dessin, je mets 2 fois plus de temps qu'à l'ordinaire.
Tous les mois, J.L. musicien, nous propose différentes activités. Je leur avais proposé un pique-nique au lac. Ce jour-là, nous étions 3, nous avons été au château, nous avons vu un architecte des monuments historiques. Il nous a fait entrer dans la cour du château, j'en ai profité pour lui demander s'il y avait des peintures murales, il y en avait dans un donjon exclusivement.
On pique-nique.
On chante.
Dans le village, on prend le café dans une brasserie.
On rentre. J'aime ces sorties, je les préfère à l'atelier dessin.
J.L. est normal, c'est un animateur, il essaie de savoir ce que je pense. Mais moi, je ne dirai rien. Lui et B., un cérébrolésé qui s'exprime bien, voulait que chacun d'entre nous se raconte.
Mais moi, depuis le début, avec ces gens-là, je ressens un mal être. Mais j'aime ces escapades avec eux, j'aime sortir, écouter leurs échanges.
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