Je me souviens que Tobby avait deux mois quand je l'ai reçu. Il était un peu jeune. Après une visite chez le vétérinaire, j'ai su qu'il faisait des crises d'asthme de temps en temps, il se prédestinait à un mal qui le mettait sur le sol, il toussait violemment, je ne savais pas si je devais le tenir. Le vétérinaire m'a conseillé de lui administrer une gélule par jour jusqu'à sa mort. Ce médicament est donné chez l'enfant. Les premiers temps, je ne croyais pas le laisser sous l'emprise de cette drogue. Mon chat Tobby devenait dément.. Petit à petit, il a éprouvé une certaine tranquillité. L'inspiration bruyante due à la glotte rétrécie, à cause d'une irritation des muqueuses le long de la gorge, revenait de moins en moins. C'était prévenir d'un danger qui pourrait être la mort.
Tobby va bien, j'en suis fort aise.
Quant à Gribouille qui est plus jeune, elle sort et va toujours à la chasse, alors que Tobby aime rester chez moi. Elle m'a tout rapporté : « des souris, des musaraignes, des oiseaux, des petits lapins, des pigeons, des lézards ». Je lui ouvre la porte, elle m'offre au pied du canapé ses proies. Si elles sont mortes d'accord, autrement c'est Gribouille qui leur court après. Dans tous les coins, elles se faufilent et se cachent. Quant à mes deux chats, je les ai surpris, attendant une demi-journée qu'une musaraigne qui se trouvait derrière le frigo, daigne bien sortir.
Un autre matin, je descends les escaliers, qu'elle ne fut pas ma surprise ! Un pigeon dépecé, son sang se mêlant aux plumes ; dans le couloir et la salle à manger, un ramassis de duvets sous mes pas, j'ai balayé, et attendu Emilie qui m'a passé la serpillière.
Ces deux chats ont une très forte identité. Ils sont indépendants. S'ils venaient à mourir pour maintes raisons que deviendrait ma propre identité, il me manquera quelqu'un qui me donne le goût de vivre.
Capricieux, s'ils veulent partir, ils s'en vont sans demander leur reste.
Les chats ont la faveur des mélancoliques.
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