Départ le jeudi 18/09/2003
Retour le lundi 22/09/2003
M. me prendra vers 10h45. Nous serons vers 11h30 à l'aéroport de Blagnac. Nous prendrons l'avion à 12h15, nous atterrirons à Amsterdam à 14h20 et décollerons à nouveau à 16h40. Nous arriverons à Vienne à 18h30, un bus nous amènera sur les lieux d'hébergement. A 20h, cocktail de bienvenue. Nous serons 12 participants français avec le groupe de Saint Brieuc. Il y aura beaucoup d'étrangers, 9 nationalités différentes. On se retrouvera à 92 personnes au total.
Le jour « j » arrive.
Mon chat me suit, on aurait pensé à une prémonition de sa part. Il restait là, tout penaud, il se passe sûrement quelque chose.
« Te voilà bien étrange, ton regard me fuit ». J'ai fermé la porte. J'en avais gros sur le cœur.
M. vient me prendre en voiture, nous arrivons à l'aéroport de Blagnac. Ce n'est pas la foule. Mme T. est accompagnée de Y. et E. On a pris nos billets et nous voilà partis pour Amsterdam.
Arrivés dans cette ville, descendre les marches de l'avion me fut impossible. Les hôtesses de l'air, c'est la beauté à la perfection. Leur tête est montée d'un chignon, avec une élégance à vous couper le souffle, elles font appel à des agents de service qui m'ont assise dans une chaise longue pour descendre les escaliers. C'est incroyable, ils m'ont attaché pieds et bras, j'étais entièrement saucissonnée. Quelle horreur ! Mais c'était la seule façon de descendre de l'avion. Arrivée vers la dernière marche de la passerelle, je fus retenue par un assistant qui me mit debout. Mille mercis pour la gentillesse de ces personnes. De longs couloirs nous amenèrent vers un nouvel avion en partance pour le bouquet final que fut Vienne.
D'escale en escale, on arrive à Vienne plus tôt que l'heure précitée. Dans l'aéroport de la capitale on se laisse aller à regarder les CD, les vêtements, les souvenirs, etc. ... Nous avons été accueillis par une équipe sur place que nous avons reconnue grâce à des panneaux qu'ils agitaient. Nous voilà pour le cocktail. On a droit à une poche pleine de publicités. Le Dr Nikolaus Steinhoff, neurologue, notre hôte, a fait un discours autrichien traduit par une personne qui parlait très bien l'anglais : « Thank you very much for your participation at the European Trauma Culturel Days from 18th to 22nd september 2003 in Vienna Austria. » Après nous avons dîné, mais ce ne sont que des tartines.
On se rend en bus dans une auberge de jeunesse là où nous logeons, déjeunons et dînons.
Le 19 septembre
8h45, départ de l'hébergement.
9h30, visite du zoo de Schönbrunn. Le zoo fondé en 1752, possédait des espaces verts aménagés de façon extraordinaire. S'y prélassaient dans un doux farniente, les ours au pelage blanc, aux naseaux noirs, les pandas géants, les éléphants qui par l'homme prenaient une douche, des lions avec leur lionne, des girafes, des bisons, des hippopotames, des crocodiles, des tortues, des aras, des koalas, des loups. En prenant des chemins un peu plus courts que les autres, j'aperçois une femme qui agitait avec une certaine grâce, des aquarelles sur lesquelles figuraient deux lions. L'artiste me fait voir tous les animaux qu'elle avait dessinés sur le papier. J'en choisis un qu'elle me donna. Je trouvai ce geste incontestablement beau. J'en parle avec Mme T. qui décide de lui demander une photographie. « Vous les trouverez en vente à l'édicule, à l'entrée du château. »
Après avoir pique-niqué, visite du château de Schönbrunn, une des plus baroques et des plus somptueuses anciennes résidences des Habsbourg. A l'intérieur, tout était fermé en raison des travaux de rénovation. Dans la cour du château, une porte principale en fer forgé, deux fontaines qui nous regardaient d'un air médusé, quelque peu stupéfaites, il s'agit des fontaines.
Les jardins avec leurs arbres parfois tricentenaires, parfois coupés en forme de mur, nous offraient leurs trente-deux sculptures en pierre qui nous laissent béats d'admiration. On a contemplé la fontaine des naïades face au château puis la Gloriette, colonnade en forme d'arc de triomphe, couronnement du parc. La grande serre dans le jardin botanique avec double vitrage, construite en 1882, aligne des parterres, majestueux massifs où sont plantées des fleurs de façon régulière. La maîtresse de ces lieux, Elisabeth de Wittelsbach (l837-1898) plus connue sous le diminutif de Sissi, impératrice de légende, hostile à la cour de Vienne, affiche son amour pour la Hongrie. Le 9 septembre 1898 à Genève, elle meurt sous les coups d'un anarchiste. Elle vécut dans cette magnifique demeure aux côtés de François Joseph (1830 - 1916) pour lequel les sujets ne parurent pas tenir rigueur du déclin de son règne.
De retour à l'auberge, avec l'aide de Mme T. j'ai descendu les escaliers pour assister à un cours de peinture. Ce sont des artistes qui ont fait appel à mon imagination, j'ai fait ressortir les contours de quatre tourterelles dessinées en noir dans des ramures vertes. Le temps me fait défaut, je m'empresse de terminer mon pastel, sauf erreur ou omission j'ai oublié d'apposer ma signature.
Dîner à 18h
Départ à 18h30 pour un concert « le carnaval des animaux » composé par Camille Saint Saëns (1835-1921) et Carillon de Westminster de Louise Vierne (1879-1937). Mes oreilles furent occupées à comprendre les sons, je ressens l'harmonie envahir mon corps, mes yeux ont regardé avec enthousiasme les peintures qui parlaient d'elles-mêmes. Dans l'église, le concert a commencé, toutes les diapositives des animaux sont projetées sur un écran. Une fois ou deux, des larmes ont brouillé ma voix. Je suis dans une sensiblerie extrême. Je me retournai et je surpris Yves, les yeux fermés qui chantonnait. Quand nous attendions le bus, Yves était derrière moi, je lui ai demandé s'il connaissait la mélodie. Il me dit que non !
Dans le ciel, une éclipse passe. La source de lumière disparaît quelques instants. Pendant des journées entières, Yves n'arrêtait pas de parler, d'expliquer comment disparaissait le soleil, la lune etc., à la fin je ne l'interrogeais plus.
Le 20 septembre
9h, nous commençons la visite de Vienne.
La cathédrale Saint-Etienne avec ses trois nefs :
la première construction : une église paroissiale romane vers 1147
le deuxième édifice de style roman tardif entre 1230 et l240
la troisième construction gothique entre 1304 et 1525.
Elle est divine avec ses voûtes principales et collatérales, la vue sur le chœur avec ses piliers en faisceaux, c'est d'une splendeur extrême. Je fus tout à coup émerveillée de voir la Vierge au manteau protecteur dont chaque pli laisse apparaître un Saint. Derrière la table d'autel, le retable, la statue de Saint Sébastien, le tombeau de Frédéric III, tout y est envoûtant.
Agitation, effervescence, beaucoup de plaisir à me faufiler dans Vienne et ses environs. Les Autrichiens ont une marque de sympathie pour les traumatisés crâniens. En nous promenant avec le bus, nous pouvons voir le Parlement avec ses colonnes, la statue grecque de Palos Athéna, une femme au corps blanc rehaussé par une collerette en or, avec une toque ornée d'un sphinx et une lance puis le pavillon de Sécession. Deux immeubles sont décorés de motifs contemporains. Le Graben réservé aux piétons compte parmi les lieux les plus chics de la ville. La maison d'Hundertwasser révolutionne l'architecture par sa façade superbement travaillée, souvent parsemée de spirales qui mettent en relief des couleurs expressives que sont l'or et l'argent. La statue de Johann Strauss est magnifique, des cheveux jusqu'aux chaussures, tout est en or.
A 14 h nous avons une séance de musicothérapie faite par des Lituaniens. On arrivait à comprendre ce que pouvait être la relaxation, c'est une très grande détente. Notre corps se relâche, n'existe plus, c'est très jouissif. On se sent aller vers le bonheur. Nos bras tournaient, notre tête allait d'avant en arrière, nos pas piétinaient, le sol n'était que volupté. Je rêvassais, nous étions tous handicapés. On se laissait aller. Yves imaginait sa scène les yeux fermés pour créer une illusion ; moi c'est différent je préfère passer incognito, ne pas me faire remarquer. Mais j'avais l'impression que mes deux bras se balançaient au même rythme, que je sautais d'un pas léger, que je me promenais, insouciante, sans peur du lendemain.
Dîner vers 17h30.
Guesthouse à 18h pour la visite de l'opéra. Musique de Johann Strauss (Wiener Blut). Je savoure la prestation des danseurs du ballet, notre attention est attirée par les prouesses de ceux-ci. La pièce de théâtre est subdivisée en scènes, après chacune il y a un entracte. Comme je ne parle pas l'Autrichien, je commençais à trouver le temps long. Yves comme toujours a les yeux fermés, il doit vivre intensément l'instant présent, c'est ce que je me suis dit. Trois actes et al finale ont emporté l'enthousiasme de l'auditoire. Hormis les ballets, je n'éprouvais rien. Voilà un opéra, ce spectacle m'ennuie.
Vers 11h30, nous rentrons. J'ai très mal dormi.
Le dimanche 21 septembre 2003
A 9h30, visite du musée de l'Histoire de l'Art.
Lorsque Rembrandt peint son autoportrait, il a une cinquantaine d'années. L'infante Margarita Térésa de Velàzquez est quelconque. Le musée est splendide avec toutes les toiles peintes par les virtuoses : Rubens, Bruegel, Le Corrège, Tintoret, Titien et le décor théâtral de Vermeer. Je n'ai pas vu le Louvre mais je crois que j'ai vu des chefs-d'œuvre. Ensuite, nous sommes photographiés devant le monument de Marie-Thérèse (1717-1780) en face le musée d'Histoire Naturelle et celui des Beaux-Arts.
19h30, la Grande Roue - hauteur 64,75m, diamètre 60,25m - 15 cabines de 35 personnes chacune s'élèvent dans les airs. J'étais la seule à ne pas y monter. Je me suis assise sur l'herbe, n'écoutant que ma raison, j'étais épuisée, je n'avais plus envie de rien, je pensais avoir la liberté de décider moi-même. Mme T., Erwan et Yves me firent «moultes» remontrances, il en fallait pour virevolter dans les airs. Plus tard, ils sont de retour. Ils déployèrent beaucoup d'énergie pour m'expliquer ce qu'ils voyaient au plus loin. Les manèges de la foire sont à peu près les mêmes qu'en France. Mme T. nous a offert un petit tour de train qui nous a promenés dans un bois. Les arbres grouillaient tout autour de nous, le panorama était magnifique. Mes jambes furent épargnées pendant au moins vingt minutes.
Mme T. vous aurez ma reconnaissance.
Retour vers 16h30
Nouveau départ vers une réception avec cocktail à la mairie de Vienne, en présence du président fédéral de Vienne.
Cher escalier, je n'en voyais pas la fin. Des ascenseurs à l'étage ? On s'est renseigné, ils n'en disposaient pas. Après des couloirs tous plus jolis les uns que les autres, des plafonds splendides, un rien surprenant ! Des coupoles sur pendentifs avec des colonnes aux chapiteaux corinthiens, des rinceaux, des fresques, rien ne me ferait baisser la tête. On arrive à une grande salle, des roses sur la table nappée et brodée d'un écusson représentant un aigle rouge, agrémentée de couverts en argent, de la petite à la grande cuillère.
Après un discours, on a pu revoir exposé, l'ouvrage de peinture que nous avions fait à l'auberge de jeunesse. On boit du jus de fruit accompagné d'amuse-gueule. On va se servir pour le dîner. Avant la fin du service, voyant que je m'ennuyais un peu, Mme T. vient me chercher pour me mettre en compagnie du Breton frappé de paralysie qui m'expliqua qu'il façonnait des bustes avant son A.V.C. C'est aussi un art de sculpter. Ce fut un grand au revoir ou même un adieu. Heureusement qu'on a préparé les valises avant de nous rendre à la mairie.
Dans le bus, au retour on a chanté tout le temps, cela met du baume au coeur.
Le lendemain matin à 9 heures , nous voilà partis vers l'aéroport. Après bien des tumultes dans l'autobus, une conversation avec Mme T. et le chauffeur qui attendait toujours quelqu'un qui n'arrivait pas, vient le moment où Mme T. pousse un hurlement, le conducteur de l'autobus démarre et on n'a pas manqué l'avion. Nous étions peu nombreux à partir le matin, le vol s'est bien passé.
Une personne de I'YMCA que je connais, servant de secrétaire à Mme T. est venue nous chercher à l'aéroport de Toulouse. Erwan a pris un mini-bus navette pour rentrer chez lui. Yves, nous sommes allés le conduire devant son domicile. Mme T. on l'a ramenée chez elle. Quant à moi, je suis donc retournée à I'YMCA. J'ai donc attendu. Puis nous nous sommes arrêtés au village voisin pour après reprendre la voiture en direction de mon domicile. La secrétaire m'a aidée pour descendre le sac.
Je n'en voyais pas le bout ! Depuis le matin, j'étais exténuée.
Notre manifestation en restait là.
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