On est si vulnérable

Martine Moulin

Sommaire

- Moi
- Avant
- Les derniers moments
- A l'hôpital
- La Clinique
- Comptes rendus médicaux
- Le retour
- Mes enfants
- Le rêve
- Ma solitude
- Le groupe des aphasiques
- L'or des amazones
- L'YMCA
- Vacances 2002
- Le permis de conduire
- Mes chats
- Tobby
- Tobby et Gribouille
- L'arrivée de Laurent
- « Melle G.R., un si joli faciès »
- Visite à Vienne avec l'YMCA
- Concours de peinture
- Un artiste
- Escapade en Suisse
- Traitement par toxine botulinique
- L'alimentation
- La musique et la danse
- La lecture
- L'ordinateur
- L'île de Ré
- La kinésithérapie
- Epilogue
- Martine Moulin
- Annexes
L'alimentation

Quand je suis invitée chez des «consoeurs», je mange avec parcimonie, je n'ai plus d'appétit, je me nourris d'un rien. Mais malgré cela, je suis toujours aussi enveloppée. Ma nourriture se compte sur les doigts de la main car je n'ai plus la sensation de faim. Quand j'arriverai à refuser une invitation chez N., je serai comblée car je mange déraisonnablement chez elle, dorénavant je dirai « non ». Dans le temps, j'absorbais par goût, devant un mets les odeurs exaltaient mes papilles gustatives. Les fraises, les bananes, les oranges avaient un parfum et des saveurs exquis, tout était délicieux.
De temps en temps j'ai des migraines :
« Peut-être ai-je faim ? Que pourrai-je déglutir ? » Mes papilles ne répondent plus de moi. La viande, le bœuf, le mouton, même une simple volaille, tout a le même goût, c'est-à-dire aucune saveur pour moi. Une chose dont je suis sûre, je n'ai pas de régime personnalisé, je mange peu ou mal.
Heureusement que la télévision m'incite, je vais voir les informations, je me mets à table, je m'invite . . . sinon il n'y aurait pas d'intérêt pour moi à manger.