Le surlendemain, vers sept heures du matin, je suis allée dans la salle de séjour, il faisait encore nuit. J'ai un faible pour les petits-déjeuners. Le temps s'est écoulé, c'est grave un temps qui s'écoule comme ça. Je prends une cigarette, je fume trop de cigarettes, j'en étais à deux paquets par jour depuis trois ans, j'étais « accro ». Enfin, ce qui est fait, il n'y a plus à le refaire. Quelque chose en moi se passait, je ne savais pas ce que cela pouvait être.
J'avais mon cerveau qui se déconnectait. Entre temps, A. qui se levait, est venu me dire bonjour. Il se sert un café et il me demande si j'en veux un avec des croissants et une tartine de pain. Après avoir terminé ma cigarette je pars aux toilettes. Je me suis écroulée. Quand je reviens à moi, je ne pouvais plus parler, je suis tombée car ma jambe ne tenait plus, tout le côté droit était touché ; entre temps, les malheurs venaient se greffer sur moi.
A. m'a mise dans le lit, j'en conclus qu'on aurait dit une plante toute rabougrie.
Au bout d'un moment, j'ai dû apercevoir le médecin qui ronchonnait après l'ambulance. Moi, je voyais que j'étais finie. On a dû mettre un brancard, mais je ne m'en souviens pas. Je me rappelle qu'on est sorti par derrière, on n'a pas fait le tour, par devant on n'aurait pas pu passer, on a d'ailleurs enlevé la porte de ma chambre. Les gens étaient présents autour de moi, le médecin, A., son frère, les brancardiers, mais ils étaient sortis de ma mémoire. Tout le temps de mon trajet jusqu'à l'hôpital et jusqu'au troisième jour, tout est parti de ma mémoire.
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