Six années se sont écoulées depuis le commencement de la rédaction de ce livre. Ma plus grande œuvre parmi tous mes brouillons s'est écrite page après page pour devenir mes mémoires personnelles.
On se sent différent. Je suis hors norme. Je dis un peu de moi-même avec mes mots. Je ne dis pas tout ce que j'ai sur le cœur.
Ce lundi matin, la sonnette a légèrement retenti. Je balayais la cour. Je me suis rendue dans le couloir pour ouvrir à un agent recenseur de la population. Il m'a demandé où je suis née.
« Dans le 75, dans le 14 ème arrondissement, répondis-je.
- C'est dans quel département, me demande-t-il ? »
Cet homme travaille à la distribution du courrier. Mon sang ne fit qu'un tour, j'ai éprouvé beaucoup de peine pour lui, je le trouve très jeune.
Quand je vais au marché, les gens me racontent leurs déboires. Je les indiffère, mais je les écoute.
Cette main qui me manque vraiment. Des petits riens me font sursauter déséquilibrer, entraîner dans une chute que je ne peux prévoir.
J'ai envie de me retirer, partir ailleurs, loin des autres.
Je veux dessiner et peindre, me retrouver à la lisière d'une forêt, entendre les frissons des herbes agitées par une brise. Ne rien devoir à personne, tel est mon seul désir.
Mon ultime passage
Me propulser dans les méandres de la nuit
Moi qui marche incognito
Sans que personne ne me suive
Peut-être est-ce un signe
On ne regarde plus
Ce que l'on voudrait voir.
Rancœur à tous les édifices
Profusion de ces ressentiments
Idées misanthropiques
Qui viennent ébranler
Toute la bienséance
Ne plus rien voir
Reculer les espaces
Ne plus rien dire
Bafouer ce qui tourne en ridicule
Ne plus sentir.
Les choses en soi
Etouffent ma vie
L'étau se referme
Comme une finalité
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